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L'oiseau Noir.

L'oiseau Noir.
J'avais dans mon jardin, un grand chêne centenaire dans lequel j'aimais passer mes journées. Sur la branche la plus tordue, logeait depuis la mort de ma tendre mère un oiseau noir qui s'envolait seulement le soir et qui faisait des rondes à travers les champs à la recherche de la moindre petite souris. Cet oiseau m'intriguait énormément. Il était toujours tourné vers la rue, fixant les passants.

Un soir où je rentrais plus tard qu'a mon habitude de l'école, j'eus l'impression que cet animal avait quelque chose à me reprocher et m'observait dans les moindres détails. Alors qu'il ne faisait pas nuit, il s'envola dans ma direction et se posa sur mon épaule. Je pris peur, mais j'était incapable de bouger. Il ouvrit son grand bec sombre et me dit :

« - Changeons nos habitudes. Au fait, je me présente, je suis Cornabé, le corbeau. En mourrant, ta mère a engagé un ange sombre et m'a sauvagement transformé en oiseau noir pour veiller sur toi. Tant que je suis là, tu ne craindras rien. »

Choquée, intriguée, n'osant ni répliquer ni poser de questions, je me contentai de hocher la tête et de rentrer chez moi. Je posai mon cartable de cuir au pied de mon lit et redessendit à la salle à manger en attendant d'être servie par le chef de cuisine. Une fois servie et grandemant nourrie, je monta me coucher le ventre plein. La lumière de ma chambre était allumée. Me demandant quel domestique avait pû faire une telle faute professionnelle, je me contentai d'ouvrir délicatement la porte, ayant tout de même peur d'avoir à faire à un cambrioleur.

Sur le rebord de mon lit, Cornabé; le corbeau, siffla, la voix rauque, ces mots : « ATTENTION » et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, il s'était envolé vers sa branche. Terrifiée, Je m'enfermai dans ma chambre et fermai la fenêtre, restée ouverte par la venue de l'oiseau. Je ne me demanda même pas comment il avait pu l'ouvrir avec ces ailes. J'éteignis la lumiète, cria un « Bonne Nuit! » à travers toute la deumeure et plonga dans les bras de Morphée.

Plusieurs fois dans la nuit je me fis réveiller par des cris. Je ne m'inquiétai guère, pensant que c'était encore les fils de pauvres qui jouaient. Le matin, réveillée par un rayon de soleil dans les yeux, j'avais l'impression d'un vide en moi. Pas grave. J'allai ouvrir la fenêtre et ne vis pas l'ombre du corbeau noir. Je vêtis la plus belle de mes robes du dimanche et sortis de ma chambre de luxe. A peine j'ouvris la porte de la cage d'escalier que je vis le chef de cuisine inerte, entouré d'une grosse trace de sang, sur les marches. Traumatisée par la vue de mon ami dans cet état, j'allai dans la salle à manger pour me changer les idées, et y découvrit les trois domestiques dans le même état.

Alors, je courus dans le jardin pour sortir de cet enfer, et y vit au pied de l'arbre, le corbeau noir, déchiquetté, une flèche dans le ventre, avec un mot. Dégouté par la vue de tout cela, je saisis le mot et y lu : « J'ai tué le coeur de ta vie, sa mort a provoqué le début de la tienne. »

Et depuis ce jour la, je vis entouré d'oiseaux, dans un autre monde.

# Posté le lundi 25 septembre 2006 04:30

Modifié le jeudi 28 septembre 2006 13:57

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